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Une coutume a perduré jusqu'à la fin des années 70 lors des séjours d'été : celle d'inviter à la colo les parents pour une journée, le dimanche une semaine après le début du séjour. La journée recevait un franc succès malgré l'éloignement de Bergerac, à plus de quatre heures de route.
Passé un inévitable discours d'accueil en fin de matinée et une messe, un grand repas servi dans une ambiance bon-enfant lançait la journée. L'après-midi était dense et bien organisé par les animateurs autour d'une sorte de kermesse avec des attractions du style "pêche aux canards", un match de foot, la présentation des activités créatives (poteries, danses, chants..), etc. Certaines familles préféraient toutefois sortir se promener avec leur progéniture.
Cela n'a pas perduré au delà du seuil des années 80. La pleine réussite de la journée était trop tributaire d'une météo accommodante et le départ des familles finissait par d'inévitables crises de larmes chez les plus jeunes.
9 Juillet 1972, journée des parents : discours d'accueil (abbé Michel Blanc ?)

Juillet 1972, journée des parents : discours d'accueil

Juillet 1972, journée des parents : les jeux avec les parents l'après midi.

Juillet 1977, journée des parents.

- Détails
Départs.
Ah ! les grands départs des séjours d'été .. toute une aventure pour ceux qui allaient quitter leurs parents pour la première fois, mais aussi pour ceux qui n'étaient pas à leur premier séjour et s'y préparaient déjà depuis des semaines. Et pour les parents c'était aussi toute une préparation. Les séjours de ski, plus courts et donc thématiques, ne prenaient pas la même importance.
Rappelons nous d'abord que nous étions dans une autre époque, sans internet, web et téléphone mobile : partir pour 2 ou 3 semaines était une vraie coupure pour les familles.
Les préparatifs des familles.
Une fois l'inscription faite, les familles recevaient quelques feuilles polycopiées avec les informations essentielles : une fiche médicale à remplir, un récapitulatif du déroulement du séjour et surtout la liste du trousseau à constituer. La plupart des participants aux séjours venaient de Bergerac et de ses environs immédiats, mais s'ajoutaient souvent amis, cousins et cousines d'un peu partout en France et même quelques jeunes espagnols du val d'Aran. Ceux-ci rejoignaient directement Saint Béat sans passer par Bergerac, bien évidemment.
Parmi les incontournables à mettre dans la valise, il y avait évidemment la casquette ou le bob, le K-way (très 70's..) et de bonnes chaussures pour la montagne. Les vêtements réclamaient un peu de travail, car il fallait les marquer. Avant la généralisation de stylos à encre indélébile on faisait réaliser du ruban brodé avec le nom de famille qu'il fallait ensuite coudre sur chaque pièce de vêtement.. Un sac à dos, une gourde, un sac de couchage, une trousse de toilette, un nécessaire pour faire du courrier et un peu d'argent de poche faisaient aussi partie du voyage.
Une rencontre avec les familles était organisée quelques jours avant le départ, à l'école de la Miséricorde ou au presbytère de Bergerac. Venaient surtout ceux qui participaient au séjour pour la première fois. Les animateurs faisaient souvent leur réunion ou séminaire de préparation, ce qui donnait l'occasion de rencontrer les familles et enfants une première fois avant le départ.
Les préparatifs des équipes d'animateurs.
On parle de nos jours d'animateurs, mais "moniteurs" était plutôt d'usage à la colonie. L'équipe était constituée très tôt par cooptation ou par connaissance notamment de jeunes adultes impliquées dans la vie paroissiale ou d'anciens ados de la colonie. Dès le printemps, une invitation pour une journée ou week-end de préparation du séjour était adressée. Jusqu'au début des années 1980, cette grande réunion de préparation se faisait même conjointement avec les animateurs des deux séjours d'été : une des rares occasions de se connaître, finalement.
Les séminaires préparatoires se sont déroulés suivant les années hors de Bergerac, à Montagnac la Crempse, à la "sabotière" (près de Saint Jean d'Eyraud), ou plus classiquement à Bergerac même, à l'école de la Miséricorde ou au presbytère. Les groupes d'enfants et d'animateurs y étaient constitués, ainsi qu'un planning prévisionnel des activités. Les ateliers créatifs étaient décidés en fonction des compétences des uns et des autres. Quand la réunion était à Bergerac, elle se faisait le même jour que la rencontre avec les familles avant le départ : une occasion pour se mettre "dans le bain" et d'avoir un premier contact avec quelques uns des enfants du séjour.
Le départ de Bergerac et le trajet aller.
Les dates de départ des deux séjours d'été ont un peu varié : début juillet et 3 semaines plus tard jusqu'au mlilieu des années 70, puis autour du 10 juillet et du 1er août ensuite. Le "camp d'ados" partait et revenait en même temps que les autres groupes de la colo jusqu'en 1991, l'été à partir duquel il fut réduit à deux semaines avec un départ au même moment mais un retour anticipé.
Le rendez vous était donné pour 6h30 du matin, la prudence conseillant de ne pas être en retard car le départ des bus se faisait à 7 heures. Au début des années 70, c'est sur la place de l'église de Bergerac que départs (et retours) se faisaient.
3 Juillet 1972, le départ de la place de l'église. Le grand bâtiment est celui des "Nouvelles galeries".

Le quai Salvette, en bordure de la Dordogne, s'avéra ensuite plus pratique quand les effectifs augmentèrent.
Les arrivants, enfants et parents, encombrés de valises et sacs étaient accueillis par le directeur ou la directrice du séjour, heureux de voir leur liste de pointage se compéter. Les bagages étaient chargés en suivant dans les soutes des deux cars par les chauffeurs de l'entreprise Chavaroche (qui n'existe plus de nos jours).

Dès le milieu des années 80, le petit car de la colo était également mobilisé pour transporter le groupe d'ados. Chargé comme une mule avec les bagages du groupe sur la galerie du toit, il tenait malgré tout vaillamment les 270 kilomètres du trajet.
10 juillet 1982, départ sur le quai Salvette

Le départ de Juillet 1986.

A l'approche du moment de partir, les animateurs faisaient embarquer les colons et en profitaient pour re-pointer la liste ceux de leur groupe. Il ne s'est pas passé une année sans quelques arrivants de dernière minute. Si les plus grands affrontaient crânement voire avec détachement la séparation de leurs parents, les plus jeunes (âgés de 7 ans) avaient plus de mal. Les crises de larmes débutaient à la mise en route des moteurs, s'amplifiaient dès que les cars s'ébranlaient, atteignaient leur paroxysme après le premier angle de rue masquant la vue de l'attroupement des familles. En quelques kilomètres c'était terminé, l'inéluctable séparation pour l'inconnu et pour longtemps finissait par s'imposer ..
Le parcours routier est resté toujours le même, passant par Villeneuve sur Lot, Agen, Lectoure, Auch, Montréjeau. Une brève pause était faite à Auch. A noter qu'il était fréquent d'embarquer au passage dans une des villes du trajet quelques colons et ados supplémentaires : tout le monde n'était pas de Bergerac et cela rendait bien service à plusieurs familles !

L'arrivée et l'installation.
Après environ cinq heures de trajet, nous prenions enfin pied pour deux ou trois semaines à la montagne. En général il faisait plutôt beau temps : tout le monde prenait son pique-nique pour déjeuner dans l'herbe à l'ombre des frênes bordant le terrain de foot. Pendant ce temps, quelques animateurs, aidés des chauffeurs des cars, débarquaient les bagages que les colons récupèreraient après déjeuner. Les animateurs rassemblaient déjà leur groupe et faisaient un peu plus connaissance avec chacun. Les ados, plus indépendants, étaient déjà entre eux.
En cas de mauvais temps, repli général dans le réfectoire pour un drôle de pique-nique .. à table.
11 juillet 1984, pique-nique d'arrivée.

Suivait l'installation dans les dortoirs ou marabouts, pas toujours simple pour que chacun trouve une place qui lui convienne. Dans les dortoirs avec les plus jeunes, les animateurs vérifiaient la liste de vêtements et aidaient au rangement des affaires dans les placards ainsi qu'à faire les lits. Dans les marabouts c'était plus rapide, la valise de vêtements restant simplement glissée sous le lit. Le séjour était lancé !
11 juillet 1984, installation dans les dortoirs.

Retours.
Les préparatifs de retour de la colo
La fin du séjour se préparait dès la veille avec un grand rangement et nettoyage général. Dans les dortoirs, les valises étaient préparées, les plus jeunes aidés à se choisir une tenue propre et à rassembler leurs affaires. Pour les marabouts il y avait plus de travail. Plus exposés et humides que le bâti en dur, ils étaient vidés : les lits et les affaires sortis (si il ne pleuvait pas) permettaient de bien nettoyer et à chacun de rassembler ses affaires. Les animateurs rangeaient également leur salle ainsi que le chalet.
Le jour du départ.
Le jour du départ du séjour de juillet, après petit déjeuner et toilette, les lits étaient défaits, les valises bouclées et rassemblées près du parking d'arrivée des cars. Les marabouts, beaucoup plus sales car en extérieur, étaient vidés puis nettoyés avant de ré-intstaller les lits.
Le déjeuner était pris vers 11h30 avec un repas froid dans les réfectoires. Il n'y avait plus qu'à partir, l'ambiance était à la fête, le repas était très animé. Les cars arrivaient vers treize heures, débarquant le séjour d'août ou étant à vide en fin de saison.
Les ados suivaient le même programme, l'année 1981 fut toutefois particulière car leur départ eut lieu à six heures du matin avec le petit car pour une arrivée à Bergerac vers 12h30.
1er août 1983, nettoyage des dortoirs.

1er août 1983, les valises sont rassemblées

Juillet 1979 : le marabout des garçons ados vidé pour être nettoyé avant le départ.

A la fin du séjour d'août il y avait un peu plus de travail. Un grand "ratissage" de tout le terrain était fait pour ramasser tous les papiers ou saletés qui pouvaient trainer. Les lits et matelas des marabouts étaient transportés et stockés dans le chalet. Des bénévoles se chargeraient dans quelques jours du démontage des marabouts et de préparer l'hivernage.
21 août 1989, grand ratissage du terrain.

1er août 1983, en attendant le départ.

Les chauffeurs déjeunaient avant de reprendre la route, l'attente semblait interminable avant que ne soient chargées les bagages et que le départ soit donné peu après 14 heures.
1er août 1983, chargement des valises.


Le trajet de retour de la colo
Le parcours routier est le même qu'à l'aller, passant par Villeneuve sur Lot, Agen, Lectoure, Auch, Montréjeau. C'est à Lectoure que se faisait une bonne pause-goûter permettant même aux ados et animateurs de prendre un verre. L'ambiance montait ensuite crescendo dans les derniers kilomètres avant Bergerac où nous arrivions entre 19 et 20 heures.
1er août 1983, la pause-goûter à Lectoure.

La suite était très rapide, débarquement, retrouvailles des parents, récupération de la valise et derniers adieux .. en à peine une demi-heure les quais de la Dordogne retrouvaient leur calme, la vie reprenait simplement son cours. Passée la rentrée scolaire de septembre, une soirée des films ravivait les souvenirs en réunissant une dernière fois les participants du séjour.
1977, retour du séjour de juillet.

- Détails
Parmi les images traditionnelles attachées aux colonies de vacances, il y a celle du feu de camp autour duquel se rassemble le groupe pour la veillée. A nouveau un cliché du passé, disparu, car c'est devenu pratiquement interdit de nos jours. Qui ne se souvient pas, pourtant, du bonheur simple et finalement primitif du foyer qui éloigne la fraîcheur de la nuit d'été et projette ses flammèches et escarbilles jusqu'aux étoiles.
14 juillet 1986

Lors des veillées des grandes fêtes.
En été, les grandes fêtes sur une journée (voir l'article sur ce sujet
) se sont régulièrement clôturées autour d'un feu de camp. Des thèmes de la journée comme "la fête au village", "le village gaulois" ou "les indiens" se prêtaient bien à une fin de soirée autour du foyer. Il était situé entre le terrain de foot et le marabout du bas, laissant sa marque au sol d'une année à l'autre. Au moins une fois, pour une fête du 14 juillet, il fut dressé entre l'arrière des cuisines et le terrain de foot (photo un peu plus bas).
12 août 1990, le banquet autour du foyer que l'on prépare.

14 juillet 1987.

Pour les ados, lors de leurs veillées.
Les ados avaient une vie assez autonome, c'était le cas en soirée pour les veillées. A quelques occasions, le foyer situé au milieu du "pré des ados" et entre les deux marabouts qu'ils occupaient fut allumé pour le plaisir simple de finir la soirée au coin du feu sous un beau ciel étoilé.
Nuits en camping.
Tant à la vallée du Lys qu'au Granges d'Astau (voir l'article sur le camping
) , il était nécessaire d'allumer un feu dès l'arrivée du soir. En effet, point d'éclairage public à proximité, il fallait bien éclairer l'espace de circulation entre les tentes. Ensuite, l'altitude et la proximité immédiate du torrent rendaient les nuits assez fraîches. Un bon feu et un blouson chaud étaient vite nécessaires dès la tombée de la nuit. Enfin, la proximité des vaches ou des chevaux favorisaient la prolifération de moustiques que la chaleur du feu éloignait un peu (en tout cas on y croyait..).
Après une journée de pluie, certains tentaient de faire sécher chaussures et chaussettes. Pas évident. La chaleur trop variable obligeait à une surveillance soutenue et il y eu de la chaussette brulée à plusieurs reprises !
Nuits en refuge.
Aux refuges non gardés d'Artiguessans et de l'Escalette (voir l'article sur les refuges
), c'était une habitude d'égayer et de réchauffer la soirée devant le foyer. Rechercher du bois mort autour des cabanes prenait du temps et occupaient nombre de colons ou d'ados. Nous n'étions pas les premiers à en rechercher, il fallait s'éloigner pour espérer ramener des brassées de branches mortes. Le foyer du refuge de l'Escalette fonctionnait bien, ce nétait pas le cas à Artiguessans. La cabane était très petite, le foyer également. Il tirait bien mal et au bout de quelques heures l'odeur de fumée imprégnait les vêtements. Dans les années 70 il pouvait encore venir à l'idée de cuisiner pour le groupe en utilisant cette modeste cheminée. Un exercice bien difficile, l'histoire des "nouilles de Simone" (une religieuse qui en 1975 ou 76 tenta la cuisson des pâtes au feux de bois) est restée dans les légendes urbaines du séjour de juillet pendant des années (!).
A l'Hospice de France, c'est un feu de camp au milieu de la clairière entre les divers bâtiments qui faisait brasiller les soirées.
Hospice de France, août 1989. Le foyer était allumé à cet endroit.

- Détails
Tous les lacs et sommets ne sont pas accessibles en une seule journée. Pour certains, la marche mérite d'être fractionnée sur deux journées. Pour d'autres on ne peut partir assez tôt qu'en étant sur place, au point de départ. Dans tous les cas, le plus grand plaisir était de passer une nuit en montagne, parfois dans une cabane "rustique" ou au contraire dans la promiscuité et les rituels d'un refuge avec gardien.
La cabane d'Artiguessans (photo de 2015).

Les cabanes "rustiques"
La cabane d'Artiguessans
Cette petite cabane ouverte avait l'avantage d'être accessible à pieds en partant de la colonie. Depuis la cascade d'Arlos, le sentier pavé, raide et glissant, continue vers le Sud en direction des crêtes du Pic Burat. Après environ 1h15 de marche on débouche sur une prairie en pente, d'herbe et de fougères. La cabane d'Artiguessans y offre un abri rustique mais bucolique. Il n'était pas rare qu'un groupe de la colo y passe une nuit, certes inconfortable. Donnée pour 6 personnes, on y est bien rentrés au double.. Le sol était en terre battue, heureusement les fougères de la clairière servaient à faire un maigre matelas pour un semblant de confort ! Le foyer était petit et tirait assez mal, au bout de quelques heures l'odeur de fumée imprégnait les vêtements. on n'y a tenté qu'une seule fois d'y faire réchauffer le dîner.. Un exercice bien difficile, l'histoire des "nouilles de Simone" (une animatrice qui en 1975 ou 76 tenta la cuisson des pâtes au feux de bois) est restée dans les légendes urbaines du séjour de juillet pendant des années (!). Les pâtes finirent en un bloc tiède et plutôt compact.
Groupe des 10-11 ans devant la cabane - juillet 1983

Passer une nuit à Artiguessans était un but en soi, la randonnée ne se poursuivait usuellement pas plus loin bien que l'on soit sur le chemin du pic de Burat. La cabane, rénovée, existe toujours en 2021, répertoriée dans un des sites web détaillant les refuges ouverts des Pyrénées.
Juillet 1983 : oui, la porte n'était pas terrible ..

La cabane d'Artigascou (ou du col d'Artigascou).
Elle est située sur la route forestière entre Melles et la station du Mourtis / col de Menté. Depuis la colonie, un rapide trajet en car amène à Melles. La route forestière continue jusqu'au col avec, tout de même, 600 mètres de dénivelée. La cabane d'Artigascou est à proximité immédiate, à 1348 mètres d'altitude. En fait, il possible qu'elle n'ait été utilisée qu'une seule fois dans l'histoire de la colo .. et de plus par défaut. En juillet 1981, une randonnée des ados entre Argut Dessus et Fos était prévue avec une nuit à la cabane de l'Artigue, au col de Lespone. Déjà occupée par un groupe, les ados ont dû poursuivre leur chemin vers la cabane d'Artigascou. Très petite, six places, tout le monde ne put dormir à l'intérieur !
Le col d'Artigascou (photo google street view 2022).

La cabane d'Artigascou (photo de 2014).

La retour se faisait probablement soit en continuant la route forestière jusqu'à la station du Mourtis, lieu de rendez-vous commode avec le petit car pour revenir à la colo, soit par la piste descendant à Melles puis à Fos.
Ados de Juillet 1979. Descente depuis la cabane d'Artigascou.

La cabane de l'Artigue (ou du col d'Espone).
Sur les hauteurs d'Argut-Dessus, c'est une jolie cabane bien orientée, sur les pentes sud de la station du Mourtis, au col d'Espone. Pour plus de 10 personnes, cela devient serré et acrobatique pour y passer une nuit. Il y a environ 500 mètres de dénivelée en montée depuis Argut en suivant une piste forestière. La cabane fut utilisée quelques fois par les groupes réalisant une agréable randonnée de jonction d'Argut à Melles et Fos via le col d'Artigascou.
La cabane de l'Artigue. Groupe d'ados de juillet 1979.

La cabane de l'Artigue, photo de 2021.

les refuges non gardés
Le refuge de l'Escalette
Ce joli refuge communal non gardé est situé sur un plateau pastoral au pied du pic de l'Escalette. Il permettait d'accueillir agréablement un groupe d'une bonne quinzaine de personnes. On y accède en une heure de marche par une route forestière qui part du col de Mente. Pendant les séjours d'été, nous nous arrangions pour y faire se succéder plusieurs groupes : le premier à y monter apportait le matériel de cuisine, réchauds à gaz et gamelles.

Refuge de l'Escalette - 19 juillet 1983
Depuis ce refuge se faisaient les ascensions des pics de l'Escalette ou du Cagire. Les groupes des plus jeunes se contentaient souvent du simple plaisir d'une nuit en refuge sans ces ascensions le lendemain. Voir l'article sur les ascensions de ces sommets. C'était une habitude en soirée de se réchauffer devant le foyer. Rechercher du bois mort autour des cabanes prenait du temps et occupaient nombre de colons ou d'ados. Nous n'étions pas les premiers à en rechercher, il fallait s'éloigner pour espérer ramener des brassées de branches mortes. Les couchages étaient organisés sur deux niveaux, plateaux en bois sans matelas. La négociation pour s'y installer était âpre, tout le monde préférant bien entendu s'installer sur le plateau supérieur..
L'Hospice de France
L'Hospice de France est un lieu de passage depuis des siècles pour traverser la haute chaine au Port de Venasque et passer en Espagne. Dans ce vallon glaciaire encaissé au dessus de Bagnères de Luchon, il existe donc depuis très longtemps une "hostellerie" avec chambres et dortoirs permettant d'accueillir les randonneurs mais aussi les simples touristes souhaitant passer une nuit différente en milieu montagnard. S'y rendre était facile, une belle route entretenue permet d'arriver à 100 mètres de cette auberge.
Ce n'est toutefois pas dans cette auberge de montagne que les groupes de la colonie se rendaient, mais à un refuge géré par les services "jeunesse et sport", non gardé, situé un petit peu plus haut dans le vallon du Venasque (500 mètres en amont, à environ 1400 mètres d'altitude).
Juillet 1987, le groupe des ainés (photo @VJ).

L'emplacement, une clairière toute proche du torrent du Port de Venasque, était très agréable. Espacées dans la clairière, deux cabanes servaient de dortoirs, la troisième de cuisine et réfectoire. Les dortoirs, avec matelas, étaient très confortables. Le soir, un feu de camp au milieu de la clairière faisait brasiller les soirées.
Ces cabanes existent toujours en 2021, mais sont délabrées.
Août 1989, le réfectoire (groupe des ados).

Août 1989, les cabanes des dortoirs (groupe des ados).

Août 2021, le refuge est à l'abandon.

Le premier jour, la plupart des groupes montaient à pieds depuis le bas de la route (le "pont de Ravi"), soit environ deux bonnes heures de marche ! Le premier groupe à s'y rendre était chargé d'acheminer pour les suivants les gamelles, les réchauds à gaz et autres ustensiles : ce n'était pas toujours une partie de plaisir. D'autres groupes suivaient, bénéficiant ainsi des aménagements.
Sur place on ne manquait pas de possibilités d'activités. Les petits torrents permettaient de construire d'éphémères barrages, la clairière de jouer au foot ou au volley (il y eut des poteaux et un filet de volley-ball), le bois attenant permettait de construire des cabanes ou ramener du bois pour alimenter, le soir, le foyer au centre de la clairière. Une année, une tyrolienne a même été installée au dessus du torrent du Port de Venasque.
Les groupes des plus jeunes se contentaient de la nuitée en refuge et ne faisaient pas nécessairement de randonnée de lendemain. Dès 8 à 10 ans, on pouvait suivre l'agréable "Chemin de l'Impératrice" jusqu'au cirque de la Glère. A partir de 12 ans, la randonnée était plus relevée avec la montée jusqu'aux lacs de Boum et au Port de Venasque (2444 mètres). Fin des années 70, début 1980, il n'était pas rare qu'un guide accompagne les groupes jusqu'au Port de Venasque : des névés raides devaient être franchis fréquemment et réclamaient un peu d'attention. C'en est fini de nos jours ..
A gauche le chemin montant vers le Port de Venasque. Le Pic de Sauvegarde domine le lac de Boum. Photo google street view.
Les ados faisaient régulièrement l'ascension au Port de Venasque puis poussaient au Pic de Sauvegarde (2737 m.) ou faisaient le trajet retour en passant par le port de la Picade, le pas de l'Escalette et la vallée de la Frèche : une longue randonnée au parcours varié.
Certaines années, quelques uns ont profité du franchissement du Port de Venasque pour continuer sur le versant espagnol en direction du refuge de la Rencluse et de l'Aneto. Voir ici dans cette page. Dernière remarque : il existe le refuge de Venasque à côté des lacs de Boum. Tout petit, si il est de nos jours gardé, cela n'a pas toujours été le cas. Il n'a - semble t'il - jamais été utilisé pendant les séjours estivaux de la colonie. En 2021, de grands travaux sont entrepris pour livrer en 2022 un refuge cinq fois plus grand !
Juillet 1984, groupe des ados devant le petit refuge de Venasque.

Les refuges gardés
Le refuge d'Espingo
Le lac d'Espingo est sur la droite (photo issue Google street view).
Situé à 1950 mètres d'altitude, ce refuge a été, de loin, le plus fréquenté par les groupes de la colo. Le cheminement depuis les Granges d'Astau (vallée d'Oô) se fait sur un assez bon sentier en 2 heures et demi à 3 heures (pour un peu plus de 800 mètres de dénivelée). Le chemin est très parcouru : du refuge d'Espingo on est au seuil de la haute montagne, sur le trajet pour aller plus haut vers le refuge du Portillon et les "3000" du Luchonnais (Spijeoles, Quayrat, Crabioules, Perdiguère ..).
But de randonnée en soi, on y montait le matin pour pique-niquer à proximité. L'après midi était alors libre pour folâtrer autour du lac. Farniente au soleil pour les uns, tour du lac ou escalade facile sur les barres rocheuses pour les autres, le terrain de jeux était vaste et riche d'activités. La salle commune était assez grande pour y être à l'aise en soirée autour des grandes tables, y jouer aux cartes après le dîner ou laisser quelques mots dans le "livre d'or" du refuge. Ces carnets étaient à disposition des visiteurs et au fil des années les groupes y ajoutèrent une trace de leur passage. Au début des années 1990 on trouvait encore nos proses rédigées une douzaine d'années avant. En 2011 le refuge fut modernisé et remanié, les carnets égarés semble t'il.
Le refuge d'Espingo était pour les groupes d'ados parfois simplement un lieu de passage afin d'y faire le plein des gourdes avant de continuer plus haut, vers le Portillon.

Juillet 1987, le refuge d'Espingo.
Le refuge du Portillon
Nous voici à 2571 mètres d'altitude au seuil du cirque du Portillon, à l'accès le plus élevé à sa vingtaine de "3000" : Perdiguère, Royo, Litterole, Spijeoles, Gourgs Blancs, Quayrat, Lezat, Crabioules, Bellocq, Gourdon, Seil de la Baque ..
Le refuge du Portillon est "un cran" au dessus de celui d'Espingo, dans la haute vallée d'Oô - Astau. Le sentier très bien tracé permet d'avaler sans trop de peine les 1450 mètres de dénivelée et faisait de ce refuge un but de randonnée, l'accès pour une nuit à la haute montagne pyrénéenne. Au vu de la longueur du parcours, seuls les groupes d'ados s'y rendaient. Toujours très fréquenté, on n'y rencontrait plus seulement les randonneurs mais aussi des alpinistes venus y préparer l'ascension des faces et arêtes granitiques alentour. Le refuge utilisait les anciens baraquements datant du chantier de la construction du barrage du lac du Portillon. Le refuge a été tenu très longtemps par Anne Marie Dorche, personnage haut en couleurs. On y dormait mal en raison de l'altitude et en soirée le froid était mordant : les nombreux névés et le lac encore en partie englacé en juillet prouvaient qu'il gelait régulièrement la nuit.
Juillet 1986, le groupe des ados au refuge du Portillon.

En 1996 un nouveau refuge, plus grand moderne et fonctionnel, remplaça les baraques de chantier. Au seuil de années 2020, c'en est bien fini de la banquise et des icebergs sur le lac du Portillon en été ..
Sur ce panorama (photo issue de Google street view), le nouveau refuge. Le lac du Portillon est dans votre dos.
Suivant les conditions météo et la motivation du groupe, l'ascension de la modeste (2889 m..) Tusse de Montarqué était faite le second jour avant de redescendre en vallée. Un joli belvédère permettant de découvrir aussi le lac glacé, dans un vallon encaissé au pied du pic des Spijeoles. Au moins une fois s'est réalisée (août 1991) pour quelques uns l'ascension du Cap du Seil de la Baque (3109 m.). De nombreux sites de rando reprennent en photo ces deux parcours, celui-ci par exemple.
Le refuge du Maupas
Juillet 1987, les ados au refuge du Maupas.

Août 1990, les ados au refuge du Maupas (photo @EV).

C'est une petit nid d'aigle à 2430 mètres d'altitude, au dessus de la vallée du Lys. La randonnée est longue, de près de 1300 mètres de dénivelée et donc 4 heures de marche sans compter les arrêts. On y accède soit en passant par le lac vert puis en s'engageant vers l'ouest dans le décor âpre et minéral du cirque des Crabioules, soit par un interminable sentier sur le flanc de la Tusse de Pratlong. Consulter par exemple ce topo-guide qui reprend en détail la montée jusqu'au refuge. Les deux parcours étaient fréquentés, souvent l'un était pris à l'aller, l'autre au retour.
A proximité du refuge, on découvre le petit lac d'Enfer et un chaos de blocs de granit. L'un d'entre eux, énorme, offre même un abri profond pour plusieurs personnes. Il était fréquent le second jour en matinée avec les plus motivés des ados de faire l'ascension de la Tusse de Maupas (2904 m.). Pousser la rando jusqu'au pic de Maupas (3110 m.) a peut être été fait par quelques uns ?
A quelques rares occasions, un crochet depuis le chemin de descente a été fait pour aller visiter le lac Bleu. La descente directe du lac Bleu au lac vert étant trop délicate, il fallait faire un aller-retour par le même sentier.
Le refuge du Maupas, en août 2022.

Le refuge de la Rencluse.
Il ouvre l'accès depuis le Nord à l'ascension de l'Aneto, plus haut sommet des Pyrénées. Les groupes d'ados y sont allés à quelques occasions (notamment en juillet 1986) ainsi que parfois des moniteurs profitant d'une ascension au Port de Venasque pour poursuivre vers l'Aneto.
Le cheminement est long. Départ de l'Hospice de France (1200 mètres), montée au Port de Venasque (2444 m.), descente au plan de la Besurta (1850 m.) .. et remontée au refuge de la Rencluse (2140 m.). En cas de poursuite avec l'ascension de l'Aneto le retour en sens inverse jusqu'à l'Hospice de France devait sembler bien long.
Vu l'ambiance usuelle du refuge et la foule bigarrée et bruyante qui s'y pressait, les nuits n'y ont jamais été reposantes. Ci dessous le refuge tel qu'il est de nos jours. La bâtisse était moins reluisante à l'époque, mais a toujours gardé son style et ses volets verts.
La Rencluse (photo issue de Google street view).